Des expérimentations au jardin

par | 19 Juin 2020

Ça y est ! La saison au jardin est lancée et bien lancée ! Quasiment toute la surface est utilisée. Une vingtaine de familles est partie prenante pour cultiver individuellement un lopin de terre et/ou participer aux cultures collectives de pommes de terre, de courges et de poireaux.
Parmi ces cultures, des expérimentations ont été lancées…

Cultures directes sous paillage

Aux deux extrémités du champ, nous avons étalé des déchets de tonte du parc du château directement sur l’herbe rase (merci Jean-Luc et David !), en couche assez épaisse pour éviter la repousse rapide de la motte en place. Ces bandes de paillage sont régulièrement rechargées avec de nouveaux déchets de tonte. Pour les pommes de terre et les courges, l’idée était de ne pas retourner la terre et de mettre les tubercules et les graines ou les jeunes plants de cucurbitacées directement dans un peu de terreau dans le paillage. Pour les pommes de terre, la taille des plants est actuellement équivalente à ceux plantés traditionnellement, la floraison n’a pas été retardée ni avancée. Seul bémol, les campagnols apprécient particulièrement ce confortable édredon d’herbe sèche pour réaliser leurs galeries… Nous verrons dans quelques jours en retirant quelques plants-tests si la récolte est bonne. Les courges se développent correctement pour l’instant, qu’elles soient issues de plants ou de graines mises en terre directement. Verdict cet automne. Enfin, en conservant le paillage durant l’automne et l’hiver, les bandes seront prêtes pour des cultures l’année prochaine sans avoir recours à un labour avec un tracteur ou un motoculteur.    

Butter or not butter, telle est la question

Butter ses pommes de terre semble un passage obligé tant il est inscrit dans les us et coutumes du jardinier. Cette année, pour en avoir le cœur net, sur une même planche de pommes de terre semence, une raie a été buttée traditionnellement, une autre raie a été seulement paillée avec des déchets de tonte. Les pommes de terre paillées se sont mieux développées au niveau des fanes et sont plus hautes et plus ramifiées. La récolte pour l’instant s’avère similaire sur les quelques plants récoltés en primeur (c’est un jugement subjectif, nous ne sommes pas allés jusqu’à peser les récoltes…). Le paillage permet d’économiser un peu ses lombaires et évite le travail du sol pour un rendu équivalent. Tout bénéf !

L’irrigation avec des pots en terre cuite

La technique originale s’appelle « les oyas ». Ce sont des pots en terre non émaillés de forme spécifique que l’on enterre juste à côté des plants que l’on souhaite irriguer. L’eau se diffuse dans la terre grâce à la porosité du pot (il est non émaillé donc non étanche) et maintient la terre humide à son voisinage. Suite à une discussion avec Karin Barrère, potière à Burges, à propos de cette technique, celle-ci nous a donné des pots en terre de sa fabrication pour que nous testions cette technique (merci Karin !). Ce ne sont pas des oyas à proprement parlé mais l’expérimentation est en cours. Pour l’instant, compte tenu de la météo pour le moins humide (euphémisme…), on ne peut pas dire qu’ils soient bien utiles. D’ailleurs, le niveau d’eau dans ceux ci baisse peu compte tenu de l’humidité de la terre à proximité. Nous verrons donc cet été si les tomates et autres courgettes placées à proximité bénéficie de cet arrosage diffus.

Repousser les campagnols

Thomas a eu la désagréable surprise de voir son gros pied de persil ainsi que du céleri grignotés par la racine. Les campagnols en sont la cause et la mise en place de paillage pour éviter les arrosages favorise leur présence. Le voisin de ma grand-mère pouvait passer des heures immobile dans son jardin, équipé de son fusil de chasse à guetter la survenue d’une taupinière. Thomas a utilisé une méthode plus douce… Il a enfoncé des tiges en fer dans le sol et a placé des bouteilles en plastique à leur sommet. En découpant le plastique pour former des petites ailes sur les bouteilles, celles-ci bougent lorsqu’il y a du vent et frottent sur les tiges en fer. Il paraît que les rongeurs ne supportent pas les vibrations sonores transmises ainsi dans le sol. Pour l’instant, cela semble fonctionner. A voir sur du plus long terme.

Ce sont nos premières expérimentations. Il y a également au jardin partagé des spécialistes des purins et des fanas des associations de plantes. Peut-être vous livreront-ils prochainement leurs astuces ?