Finalement pas d’ours à Brassac

par | 15 Mai 2020

L’enquête passionnante sur la trace de l’ours a progressé et c’est une exclusivité de Vivre à Brassac ! 😉

Les derniers échanges avec F.B., agent de l’Office Français de la Biodiversité et ami, mettent en évidence qu’il ne s’agit pas d’un ours brun des Pyrénées (explications sur la photo ci-dessous). La teneur des analyses effectuées sur deux photos distinctes montre toutefois qu’il ne s’agit pas non plus d’une succession d’empreintes comme cela avait pu être évoqué à un moment.

Ce que nous savons :
• Il ne s’agit pas d’un ours brun des Pyrénées (c’est acquis par l’OFB)
• Il ne s’agit pas d’une succession d’empreintes (c’est acquis pour moi et sera probablement confirmé par l’OFB après analyse du moule)
• Il ne s’agit pas d’un autre animal (il n’existe pas dans les Pyrénées).

A partir de là, on pourrait avancer l’idée que cette trace n’a plus d’autre possibilité pour exister que celle d’avoir été fabriquée par l’homme, à l’aide d’un moulage, d’un objet usiné ou imprimé en 3D. Mais l’étude approfondie menée par l’Office Français de la Biodiversité révèle que l’empreinte photographiée présente une déformation du coussinet sous le poids de l’animal, ce qui met à mal l’hypothèse d’un objet fabriqué par usinage ou impression 3D dans une matière rigide. L’empreinte résulterait donc du moulage d’un positif par-dessus un moulage de véritable empreinte.
… Sans oublier un autre élément troublant et jamais révélé qui pourrait étayer cette thèse : la trace se trouvait à l’entrée du terrain de R. qui est un passionné de la faune sauvage. Il y a de fortes (mal)chances désormais que R. ait été victime d’un canular dont on connait l’enchaînement crisique.

Reste un point épineux dont la solution se trouve dans l’énoncé : il ne s’agit peut-être pas d’un ours brun des Pyrénées, ou alors d’une patte arrière incorrectement posée par rapport à la réalité qui laisse penser à une patte avant. Enfin, il peut s’agir d’une espèce voisine en terme de taille mais dont l’agencement de la plante est différent, ours à collier de Malaisie comme à la réserve de Sijan, ours noir d’Amérique… Des moulages d’empreintes sont disponibles à la vente dans les boutiques souvenir de différents parcs animaliers mais aussi sur internet, il suffit de couler de la cire ou du latex dedans.

Je doute fort que nous ayons un jour une réponse définitive aux nombreuses questions soulevées par cette affaire dont l’écho s’est répercuté à travers toute la vallée, sauf si le plaisantin venait à se dénoncer ou si nous découvrions qu’un ours pas brun pas des Pyrénées s’était échappé dans le secteur. Néanmoins nous sommes dans une zone définie par les spécialistes du plantigrade comme « front de colonisation ». L’ours brun des Pyrénées fera de plus en plus d’incursions dans le fond de la Barguillère car la zone est peu peuplée et son biotope (forêt de moyenne montagne) est typiquement celui de l’ours.