Plantigrade, politique et botanique

par | 11 Mai 2020

Un ours brun adulte a traversé notre belle Commune de Brassac, plus précisément il a laissé une très belle empreinte de patte avant à 800 mètres du hameau de Cazals, au lieu dit la Métairie. Cette empreinte a été repérée le 4 mai et la photo a été faite le lendemain soir.  J’ai laissé 3 jours d’avance au plantigrade avant de communiquer cette empreinte, je ne me sentais pas le droit de garder cette information sous le boisseau.

Le confinement a ramené la vie sauvage près des hommes et nombre de photos et vidéos montrent chevreuil, sanglier ou cervidé arpentant des rues pavées. Certes, personne n’a pu photographier cet ours mais cette empreinte si élégamment imprimée dans une flaque de boue hisse Brassac au sommet du palmarès. C’est une nouvelle qui a ravi de nombreux amoureux de la nature, avec un peu de crainte du côté des éleveurs, cela se comprend très bien mais je n’ai pas eu de commentaires haineux ou menaçant de leur part. Simplement, ces éleveurs auraient aimé être prévenus plus tôt pour mettre à l’abri leurs animaux les plus jeunes et les plus fragiles. Pas de dégats, pas de drame, « brunbrun » a suivi sa route et certainement aussi la piste d’un groupe de biches dont les empreintes étaient également présentes.

Malheureusement, on ne peut pas parler d’ours en Ariège sans que la politique s’en mêle et il y a urgence à ce que tous les acteurs de la scène ours arrivent à communiquer, à écouter et à se faire entendre. Le réseaux de suivi de l’ours a botté en touche et ses « experts » ont décrété qu’il ne s’agissait pas d’une trace d’ours ! Selon eux ce serait « une succession d’empreintes » dont l’assemblage ressemble à une trace d’ours. Alors j’ai mené mon enquête et retrouvé le coupable qui comme par hasard se fait appeler l’ours et porte un collier d’ours…

Canis ursus  ?

La question n’est pas tranchée mais l’Office Français de la Biodiversite a dépêché un de ses agents venu recueillir les éléments en ma possession. Des fichiers photo et un moulage pour tenter de déterminer s’il s’agit de deux chiens ours courant côte à côte, d’un canular ou d’un ours… ou d’autre chose.
Ils vont nous faire parvenir un communiqué à ce sujet sous peu. Dans tous les cas, une trace ne suffit pas pour attester de la présence ou du passage d’un ours. Il faut un ensemble de pas, des poils, des excréments ou une carcasse d’animal, voire une photo…

ALORS, OURS OU PAS OURS ?

Cet article a suscité de nombreuses interrogations et provoqué l’intérêt de l’Office Français de la Biodiversité qui a mené quelques investigations supplémentaires au vu des éléments que Philippe a pu leur fournir.
Alors, au final, y a-t-il eu un ours à Brassac ou pas ? Nous reviendrons prochainement sur le sujet pour en dire plus dans un nouvel article.