Un coup de propre à la Devèze

par | 28 Déc 2020

Au petit matin d’un bivouac automnal, on remarque que la hêtraie en contrebas d’une cabane pastorale est bien cochonnée. Une semaine plus tard et juste avant un confinement, il aura suffit d’une matinée à 4 pour rendre un peu de propreté à ce lieu.

La Devèze : c’est où ?

Je ne ferai pas l’injure aux locaux et plus largement aux habitants de la vallée de la Barguillère, de leur expliquer par le détail comment rejoindre la Cabane de la Devèze. Mais comme notre site internet est suivi jusque dans les confins de la galaxie, quelques explications vont vous permettre de situer un peu mieux les lieux.

Un peu de géographie locale

Brassac est une commune en pente : de l’altitude 450m au pont de Saint Pierre de Rivière jusqu’au 1716 m du Roc de Batail, il y a de quoi se faire les mollets pour les randonneurs ou les VTTistes.

Sur ces presque 1300m de dénivelée, on peut distinguer 3 étages :

  •  les prairies et les villages,
  •  la forêt (essentiellement des hêtres mais aussi mélèzes, et résineux),
  • les pelouses des estives.

La cabane de la Devèze est située à la limite entre la hêtraie et les pelouses des estives au sud du col de Légrillou, sur la crête qui relie ce col au Sarrat de la Pelade (1701m) à 1415m d’altitude. En fait , il y a deux cabanes. Celle du berger est fermée et celle des randonneurs, aussi appelée « cabane de Pierre », rénovée par la commune de Brassac est toujours ouverte pour une pause.

Peut-être le plus beau coin de la commune

Plus personnellement, c’est un lieu que j’affectionne particulièrement, pour plein de raisons :

  • l’accès à pied peut être rapide si on rejoint le col Mazel en voiture,
  • la cabane est très accueillante avec de l’eau et du bois à proximité,
  • c’est ici que nos enfants ont passé leur première nuit en montagne,
  • la vue vers la plaine est très large,
  • l’accès à la crête avec vue sur la chaîne des Pyrénées ariégeoise est assez rapide (35 minutes).

Nous y allons régulièrement, en famille ou avec des amis. Une idée de boucle de randonnée sur deux jours au départ de Brassac avec nuit à la Devèze sera bientôt en ligne sur ce site.

Pour ceux qui voudraient en savoir encore plus, je vous conseille un petit tour sur le site qui référence toutes les cabanes et refuges des Pyrénées.

La pente qui sert de poubelle

Pour en revenir au sujet de ce post, c’est au cours d’un séjour en octobre 2020 (la fameuse année du virus, précision pour ceux qui nous rejoignent en 2053 …) que nous avons la désagréable surprise de deviner des détritus en contrebas de l’autre cabane, celle du berger. Après exploration matinale, il s’avère que la pente (forte !) est jonchée de cochonneries diverses et variées. Elles sont réparties différemment en fonction de leur poids et des compétences en lancer de marteau des crétins qui se sont exercés depuis le pas de porte de la cabane (bien qu’à ce niveau de bêtise, on ne sait pas trop si le pluriel est nécessaire …). Sous le coup de la colère, on inventorie, on ramasse un peu. Face à l’ampleur de la tâche, on se promet de revenir rapidement.

Un peu de nettoyage

Moins d’une semaine plus tard, Phil, Merlin, Noé et moi-même sommes sur le pont pour rapatrier dans la vallée tout le merdier dispersé dans la pente depuis plusieurs années. Préalablement, nous avions eu l’autorisation de la responsable ONF du secteur pour monter en voiture jusqu’à la cabane. Le tronçon de piste entre le col Mazel et la Devèze n’est autorisé que pour les ayants-droits.

Je ne vais pas faire un inventaire exhaustif de ce que nous avons trouvé, il y avait de tout : du plastique, du verre (beaucoup), de la ferraille, du bois (une caisse de guitare : le lanceur de marteau serait aussi mélomane …). Tout cela commençait à être recouvert par les feuilles des hêtres. Des bouteilles en verre et des boites de conserve étaient plus ou moins enfouies sous l’humus, indice de l’ancienneté de la pratique locale en matière de largage non sélectif …

Il nous a fallu pas mal d’allers-retours dans la pente pour remplir l’utilitaire de Phil qui a vaillamment déposé tout ça le matin même à la déchetterie de Foix.

Forcément, la prochaine fois que je remonterai par là-haut, à pied ou en vélo, seul ou à plusieurs, je jetterai un petit coup d’oeil dans la pente pour voir, juste pour voir. En espérant qu’il ne faille pas refaire le ménage de sitôt …
Un grand merci à Michel Monceau pour l’aide apportée pour la mise en page de ce texte sous WordPress. Merci Michel !